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VEO - Violences Educatives Ordinaires - Maltraitances - Blois

19h, dans une famille de 4 (papa, maman, 2 enfants) : "les enfaaaaaaaants, à taaaaaaaable" crie la maman du bas de l'escalier à l'attention de Manon (4 ans) et Raphaël (9 ans) qui regardent un dessin animé dans leur salle de jeux. Raphaël demande s'ils peuvent regarder la fin de leur dessin animé. La maman de répondre non argumentant par le fait qu'il y a de l'école le lendemain et qu'elle ne veut pas que les enfants se couchent tard. Raphaël éteint alors la télé déclenchant les hurlements de sa petite soeur. La maman (toujours en bas de l'escalier) demande ce qui se passe. Raphaël répond que Manon ne veut pas descendre. C'est alors que cette dernière, les yeux pleins de larmes, les joues rouges de colère, s'approche de son frère, lève le bras et le tape. Raphaël se met alors à hurler à son tour. Le papa entend les cris de ses 2 enfants et décide de monter. Découvrant la scène, il s'approche de Raphaël et lui donne une claque et dit aux deux enfants d'aller dans leurs chambres. Il redescend rejoindre sa femme qui est excédée par la tournure des évènements.
19h30, les enfants sont de nouveau priés de venir à table. Personne ne reprend avec eux les évènements qui viennent de se dérouler. La maman est fatiguée, agacée ; le papa est plus calme mais il aimerait passer un repas tranquille en regardant un jeu télévisé. Les enfants sont excités. La colère de Manon est retombée et Raphaël a faim. La maman sert la soupe. Raphaël n'en veut pas arguant qu'il n'aime pas la soupe. Son papa lui dit de goûter quand même. Raphaël refuse, pousse son bol. Sa maman lui demande ce qu'il veut manger. Son papa lui répète de goûter sa soupe. La tension monte, Raphaël boude, son papa crie, sa maman s'est détournée et s'occupe de Manon qui se régale avec son bol de soupe. Le papa, de plus en plus irrité, attrape son fils sous le bras et le place dans un coin hurlant qu'il ne reviendra que lorsqu'il sera décidé à manger sa soupe. Raphaël pleure. Le papa reviendra le chercher 10 minutes plus tard. Raphaël ne cède pas, la soupe est froide. Son papa lui donne un petit coup derrière la tête.
20h, Manon a terminé son repas, la maman a à peine diné, le papa est très très fâché et Raphaël est en pleurs. Tout le monde quitte la table, sauf Raphaël qui est sommé de manger...ce qu'il finira par faire, avec des hauts le coeur à 20h15, recevant ainsi la remarque suivante de sa maman "ben tu vois quand tu veux ! Toute cette histoire pour une soupe... Maintenant au lit !!!

Les enfants se brossent les dents tous les 2 dans la salle de bains. Les parents sortent fumer une cigarette avant de coucher les enfants. Lorsqu'ils reviennent dans la maison, les enfants crient mais cette fois, ils jouent. La maman va les voir afin d'activer le brossage des dents et découvre qu'ils n'ont pas encore commencé. Elle crie et annonce qu'ils sont méchants et qu'elle en a marre. Manon et Raphaël se lavent les dents et regagnent leurs chambres respectives ou les attendent leurs parents. La maman en a profité pour faire un peu de rangement dans la chambre de sa fille. Manon arrive mais n'a pas son doudou. La maman, à bout de nerf, fatiguée et irritée, crie après sa fille et part à la recherche du doudou pendant que la petite pleure puisqu'elle ne peut pas dormir sans son doudou. Ce dernier sera retrouvé 5 minutes plus tard par Raphaël, qui, alerté par les pleurs et les cris est venu aider. Il se souvenait que le doudou était dans la salle de jeux.
Manon sera punie d'histoire du soir sous prétexte qu'elle devrait savoir où est son doudou.
Raphaël aura eu une histoire de son papa et un câlin de sa maman.

Manon se relèvera trois fois (pipi, mal au ventre, difficulté à s'endormir) obligeant ses parents à remonter l'installer dans son lit et le papa à crier "ça suffit maintenant, tu dooooooors...ton frère dort depuis longtemps maintenant". Manon s'endormira en pleurant, blottie contre son doudou, seule dans sa chambre
Raphaël s'est endormi tranquillement en lisant un livre.
21h45, la maison est calme, les enfants dorment et les parents sont épuisés !!!

2h45 dans une famille ordinaire...2h45 ordinaires dans une famille ordinaire...A la lecture de cette soirée ordinaire, on peut rapidement s'apercevoir que les évènements sont ordinaires...
Pourtant, la soirée aurait pu être tout autre, dans une autre famille ordinaire

19h : dans une famille de 4 (papa, maman, 2 enfants) : la maman monte dans la salle de jeux pour dire à ses deux enfants (Manon 4 ans et Raphaël 9 ans) de descendre dès qu'ils auront terminés leur jeu de société. 5 minutes après, la maman entend des hurlements à l'étage, elle monte et Raphaël lui explique que Manon refuse de ranger le jeu avec lui. Manon est rouge de colère et crie que c'est toujours elle qui doit ranger ! La maman s'asseoit par terre, regarde sa fille droit dans les yeux et calmement lui dit qu'elle comprend que ce n'est pas agréable de ranger mais que Raphaël n'a pas envie de le faire seul. Elle propose de rester avec eux le temps que le rangement se fasse. Manon accepte et aide son frère. Tous les trois descendent tranquillement.
Les 4 membres de la famille s'installent à table, face à face et le papa commence à discuter avec Raphaël de sa journée. La maman sert les bols de soupe. Manon essaye d'attirer l'attention de son papa mais ce dernier lui répond d'attendre que sa conversation avec Raphaël soit terminée et que son tour viendra. Manon commence à manger sa soupe. Raphaël annonce qu'il ne veut pas de soupe car il ne l'aime pas. Sa maman lui répond qu'elle est surprise puisque d'habitude il en mange. Elle lui en sert un peu et ne prête pas plus d'attention à son fils, qui finira par manger sa soupe et en demander d'avantage.
20h, tout le monde sort de table et le rangement se fait en famille.
Les parents laissent les enfants jouer quelques minutes, le temps de fumer une cigarette dehors.
Ils reviennent, calmes et détendus et le papa accompagne les 2 enfants dans la salle de bains pour un brossage de dents. Lui-même se lave les dents. Les enfants sont un peu excités mais pas de débordement. Pendant ce temps, la maman, à l'étage ferme les volets de ses enfants afin de les accueillir pour le coucher.
20h30, parents et enfants se retrouvent à l'étage. Manon ne sait pas où est son doudou, elle a les larmes aux yeux. Sa maman l'encourage à réfléchir un peu pour se souvenir où elle l'avait la dernière fois. Rien à faire, Manon ne se souvient pas. Raphaël, qui entend ce qui se passe, crie que le doudou est resté dans la salle de jeux. Il va le chercher et le ramène à sa petite soeur, rassurée.
La maman reste avec Manon et le papa avec Raphaël. Respectivement, ils racontent une histoire, font des câlins et échangent de chambre pour un dernier câlin.
21h00, les parents descendent et sont rapidement interpellés par Manon qui n'arrive pas à dormir. La maman la raccompagne dans sa chambre et prend le temps de lui faire un doux câlin, avant de descendre rejoindre son mari.
21h30, les enfants dorment, les parents sont fatigués mais décident de regarder un DVD avant d'aller se coucher.

2h30 dans une famille ordinaire...2h30 ordinaires dans une famille ordinaire

Deux familles, deux soirées, dont le déroulement est différent sur un moment similaire.
Dans la première famille, les enfants doivent obéir, on s'aperçoit qu'ils ont peu de place, voire peu de considération. Leurs désirs ne sont pas pris en compte par les parents, englués dans leur organisation. Chantages, brimades physiques, non respect de leurs désirs, manque d'écoute.

Le texte suivant de Jacques Attali illustre le contexte sociétal actuel :
 

L’origine de la violence

En France, la fessée est considérée comme une dimension normale de l’éducation |
Il faudrait sans doute aller plus loin que l’interdiction de la fessée et interdire aussi la violence verbale.
En France, deux enfants meurent chaque jour de violences parentales, et au moins 100.000 sont répertoriés par l’administration comme «mis en danger» par la violence d’un de leurs parents. Près de la moitié des Français (45%) disent, dans un sondage de mars 2015, soupçonner des cas de maltraitance grave dans leur entourage. Enfin, les trois quarts des cas de maltraitance prennent pour prétexte des «punitions éducatives». Toutes les études ­démontrent que c’est la violence subie dans l’enfance, également répartie dans les divers milieux sociaux, qui est à l’origine de celle à l’égard des autres, qu’elle soit parentale, conjugale ou qu’elle relève du harcèlement.
Cette violence contre l’enfant commence par un geste qu’on croit innocent: la fessée, ou la gifle. Un geste illégal dans quarante-quatre pays, et en particulier dans vingt pays de l’Union européenne. En revanche, la fessée reste parfaitement légale en France, où elle est considérée comme une dimension normale de l’éducation, à la discrétion des seuls parents.
Non seulement aucun texte spécifique ne l’interdit, mais, malgré toutes les lois contre la maltraitance et malgré la Convention ­internationale des droits de l’enfant de 1989, les tribunaux français refusent de la condamner, en appliquant une jurisprudence de la Cour de ­cassation, confirmée encore en 2014, s’appuyant sur un «droit à la correction» établi par une loi de… 1819!!!

Droit à l’enfance

La fessée ou la gifle ne sont que des signes de la peur des parents, sans aucune portée pédagogique
 
Le gouvernement actuel, qui refuse toujours de légiférer sur le sujet, soutient que ce dossier est plus éducatif que judiciaire et vient de lancer un vaste effort auprès des caisses d’allocations ­familiales, qui délivrent désormais à chaque naissance un «livret des parents» informant en particulier de l’inanité de la fessée. Mais il refuse de reprendre à son compte une proposition de loi proposant de déclarer illégale toute violence contre les enfants, bien que ce texte soit fort mesuré, puisqu’il ne concerne que le Code civil et n’assortit d’aucune sanction la violation de ­l’interdiction.
Pour moi, inscrire l’interdiction de la fessée dans la loi est la seule façon de donner du poids à une campagne éducative et de permettre d’expliquer que la fessée ou la gifle ne sont que des signes de la peur des parents, sans aucune portée pédagogique, qui ne font que montrer aux enfants que les personnes qui les aiment le plus au monde peuvent leur faire du mal. Il faudrait sans doute aller plus loin et interdire aussi la violence verbale, c’est-à-dire les insultes adressées aux enfants et les disputes tenues devant les enfants.
La résistance à cette loi est très profonde, car un tel texte dirait très clairement que les parents ne sont ni les maîtres ni les propriétaires des ­enfants. Il montrerait qu’il faut établir non un droit des enfants mais un droit à l’enfance, c’est-à-dire à la non-violence. Cela pousserait chacun à comprendre que, face à l’énervement qui peut conduire à la violence, il faut apprendre à se maîtriser, à respirer avant de dire du mal ou de lancer une gifle –tel Diderot qui, quand il se fâchait avec quelqu’un, lui écrivait une terrible lettre… qu’il n’envoyait pas.
En ces temps d’instantanéité, de l’écrit et de l’acte, savoir se contrôler est plus essentiel que jamais. Peut-être est-ce même là le vrai propre de l’homme. À ce compte-là, peu d’êtres humains en méritent le nom.

Jacques ATTALI (article initial dans L'express – repris sur le net par le site: www.Slate.fr)

Site du journal : Le Monde - 03 juillet 2016
"(...) L’Assemblée nationale a adopté en première lecture, dans la nuit du vendredi 1er au samedi 2 juillet, un amendement au projet de loi Egalité et citoyenneté, qui complète la définition de l’autorité parentale dans le code civil. Si le texte est définitivement adopté, l’article 371-1 précisera que les parents doivent s’abstenir « de tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles (...)».

Quelques ouvrages complémentaires:
 
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Actualités

Pour les curieux de la psychanalyse transgénérationnelle, lire le nouveau livre de Bruno CLAVIER: "les fantômes de l'analyste"
Une conférence du "Jardin d'idées" à ce sujet est en ligne.



 

 
 

 

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